mardi 28 juin 2011

UNE GUERRE EVITABLE ?


Certains d'entre vous se souviendront de l'été 2010 et du funeste conflit qui opposa la Confédération des Dormeurs Libres et Tranquilles et le Peuple des Moustiques. Que de larmes, que de drames, que de victimes. Nous nous étions écriés au sortir du conflit :" plus jamais ça !". Si les relations diplomatiques étaient restées houleuses, aucune anicroche ne fut à déplorer durant presque une année. Une année à parler de la paix, de désarmement. Une année de palabres, en vain. Une année de paix, que c'est bref. Car voici que la situation dégénère à nouveau. Hier soir aux alentours de 22h, un chasseur moustique est repéré sur mon radar. Après trois coups de semonces et un fax un peu remonté au Peuple des Moustiques, je décide faire preuve de détermination et de fermeté. Le chasseur, probablement en mission de reconnaissance photo, effectue un premier passage à haute altitude au dessus de mes lignes. Je passe en alerte orange. Puis cet inconscient malheureux fait mine de s'éloigner en tentant de masquer une seconde passe, offensive celle-ci, à basse altitude. Trop bas, trop lent, je le cueille littéralement, ne laissant aucune chance à l'équipage. Les débris du chasseurs ainsi que les restes de l'équipage, parfaitement identifiables, ont été envoyés au Peuple des Moustiques en guise de mise en garde. Il est exclu que la Confédération des Dormeurs Libres et Tranquilles ne fléchissent face à ces premiers raids d'intimidation. J'ai ordonné aujourd'hui que tout le corps diplomatique de la Confédération soit rapatrié sous la protection de la Convention de Genève. L'alerte orange est maintenue et les forces défensives de la Confédération se préparent à un second été sanglant. Vous serez plongés dans le vif de ce conflit désormais inévitable en ces pages, journal tragique d'une guerre nocturne quotidienne. De nouvelles attaques sont à craindre cette nuit. Je pense que le Peuple des Moustiques va relancer un blitz meurtrier et suicidaire. Je les attend de pied ferme. Je terminerai par ce simple mot : "tous unis jusqu'à la Victoire, car nous vaincrons !".

lundi 27 juin 2011

MARC MORGAN ET LES OBSTACLES / E42 MINI-TOUR

Mes derniers accords avec Marc Morgan remontent à loin et à longtemps. Montréal 2002, Francofolies, grande scène. Un très bon concert. Nous clôturions notre périple nord-américain entamé en Louisiane, un mois auparavant. Nous clôturions aussi la tournée "Les Parallèles se Rejoignent" qui malheureusement n'avait pas tenu toutes ses promesses. Cependant j'avais appris une foule de choses nouvelles en côtoyant Marc, Calo, Olivier et Pat. Je me revois au pied de l'hôtel LaTour Centre Ville, dire au revoir à Marc qui s'en allait pour New York. "On s'appelle au retour" nous étions nous promis. Sans se douter que le téléphone ne sonnerait pas avant 8 ans. Je me revois dans ce club de la Nouvelle-Orléans légèrement ivre vibrant au son des guitares du John Spencer Blues Explosion. Je me revois carrément bourré sur Magazine Street, quartier déconseillé au nord de la Nouvelle-Orléans, en train de défaire le monde droit dans les yeux avec le ciel bleu et les colliers de perles suspendus aux lignes électriques. Pas de nouvelles pendant 8 années terribles et des millions de kilomètres parcourus avec Jeronimo et Mark Gardener. Nous nous sommes finalement retrouvés à Berlin cet hiver pour enregistrer un album. Berlin, choix parfait. Nous avons installé notre barda au Low Swing Studio (Feist enregistre là-bas pour le moment) et nous avons joué live chaque nuit pendant une semaine, le bouton rouge enclenché. Beaucoup, vite, loin. Ce sera le titre de cet album qui sortira à l'automne. Avant cela Marc a décidé de nous emmener pour 4 dates anonymes le long de l'E42, histoire de se faire les doigts, histoire de "jouer dans la boue". 4 dates bien carrées, bien emmenées, amplis sur "fort", Rickenbackers et Gretsch toutes griffes dehors et souriantes. Le groupe joue bien, fort bien même. Fort et bien. J'aime ces concerts "presque pas annoncés" où seule la beauté du geste compte. J'aime quand les applaudissements ne sont pas là pour rassurer, pour conforter quelconque ego. Nous aurons le plaisir de jouer aux Francofolies de Spa ce 24 juillet avant les grandes manoeuvres de l'automne. Je vous laisse ici la liste des chansons qu'on a joué la semaine dernière. Fort et bien ! Beaucoup Vite Loin !

#1 Notre mystère nos retrouvailles (Shoegaze version)
#2 A ma merci
#3 Ici et maintenant
#4 J'abandonne
#5 Grâce à toi
#6 Qu'ils reposent en guerre
#7 Un vide immense
#8 Mauvais esprit
#9 Aux oubliettes
#10 Le jour J
#11 Je t'aime mais tu m'énerves
#12 Quelque chose mais quoi
#13 Bruxelles
#14 Beaucoup vite loin
#15 Si tu retrouves la mémoire
#16 Au train où vont les choses
#17 Je reviens de loin

samedi 25 juin 2011

I CAN'T SEE YOU BUT I KNOW YOU'RE HERE


Aaaaah Peter ! Je me souviendrai de vous surtout pour vos rôles dans "Les Ailes du Désir" et "Si Loin Si Proche !" de Wim Wenders. Ces fables berlinoises où vous campiez votre propre rôle, celui de Peter Falk, acteur connu, ange descendu sur terre, qui fume et qui boit et qui essaie des chapeaux, qui parle aux anges inquiets, qui tend la main dans le vide, qui explique les bienfaits du café, qui se considère comme un piètre artiste. Que j'ai pensé à vous en errant dans la capitale allemande cet hiver, scrutant les toits des immeubles, reniflant les rigoles. J'ai pensé à vous et à Solveig Dommartin, partie si tôt, la trapéziste aérienne confidente des anges en crise. Moi aussi j'ai tendu la main dans le vide devant tout le monde en articulant à voix haute: "je ne peux te voir mais je sais que tu es là". Moi aussi je me suis frotté les mains en quête de chaleur au milieu de l'hiver berlinois tourmenté. J'espère avoir le talent requis pour vous dédier un beau texte sur mon disque à venir. Il faudra que j'en parle à ma femme. Merci Peter.

vendredi 24 juin 2011

TYMPAN


Reprise après une année d'absence. Quelques nouvelles d'une année en montagnes russes. J'ai quitté certains groupes qui ne cadraient plus avec ma philosophie (St André, Facebook pour ne citer que les pires). J'en ai rejoins d'autres avec lesquels je suis libre, chez moi et heureux: Roma Caput Mundi, Miam Monster Miam and the Loved Drones, Jacques Duval et les Experts en Désespoir et enfin Marc Morgan et les Obstacles. Mais il sera surtout question de Tympan en ces pages. Mon nouveau projet musical. L'hiver fut enneigé et merveilleux. Du Lac de Garde à Berlin, j'ai baladé le carnet de note et la guitare droit dans le vent, nouveaux souffles, apnées stratosphériques. Car de stratosphère il en sera beaucoup question dans Tympan. Des musiques toutes en longueur et en vol plané. Tout est quasiment dans la boîte, c'est épique, cinématique, lent, planant, chiant. C'est plein d'étoiles. J'ai surtout retrouvé le plaisir simple et enfantin de faire de la musique sans me soucier d'une maison de disque (au fait j'ai quitté Anorak Supersport pour Freaksville Records), sans me soucier d'un manager, sans me soucier de la radio, sans me soucier d'un hypothétique public. J'ai enregistré selon l'humeur, la pression atmosphérique, le degré d'humidité. Le résultat est climatique. Donc inattendu et imprévisible. Le projet prend d'ailleurs une tournure inattendue ces dernières semaines. Me voilà à nouveau tourné vers les brumes de l'Angleterre. C'est Loz Colbert qui joue la batterie. Loz Colbert est pour moi une légende du tambour d'Outre-Manche: Ride, The Jesus and Mary Chain. Deux de mes groupes favoris. Il est à présent impliqué dans Tympan et amène foule de nouvelles idées. C'est un honneur de le compter à bord. On retrouve l'insubmersible, indispensable et jovial Calo Marotta à la 4 cordes et aux blagues. Gaëtan Streel va effectuer son retour très bientôt, il amènera sa part de rêve et de lévitation. Mais d'autres aussi, un peu tôt pour en parler mais ces magiciens ne sont pas d'ici. Cherchez plutôt du côté de Liverpool ou NYC. Tympan prend des allures polymorphes, projet ouvert, "open microphone". Car si j'ai composé et arrangé les musiques et écris les textes, ce ne sera pas moi derrière le Neumann. Ou très peu. Je préfère laisser la voix à d'autres. Les premiers essais sont vraiment vraiment vraiment biens ! Pour changer et surprendre, ce sera en anglais pour une majeure partie. Le français ne cadre pas avec la musique de Tympan, le français est trop étriqué pour ce genre de climats. Je n'ai pas envie de me répéter et de plus je considère que la chanson francophone est en plein naufrage ces dernières années. On y entend des "chanteurs" et des "chanteuses" bien plus préoccupés par leur carrière que par leur art et c'est impardonnable. La plupart devraient rebaptiser leur truc "Nombril" ou "Pognon" ou encore "Applaudissements", ce serait plus juste, plus honnête. Exit French Music for a while, I've got nothing to give you anymore, I'm sick of your ugly face.
Je continue la montagne la russe, me faire peur sur la corniche supérieure (tiens je me répète).
Tympan est là pour ça, nouvelle planète habitable, ouverte à tous. Il s'y trouve une chaîne de montagne longue comme un mur autour du monde, des océans et des anges inquiets. Des guitares dorées, des synthétiseurs argentés, des tambours boisés, des chants marins. Je vous donne rendez-vous en ces pages pour suivre au fil de l'eau les évolutions et l'aboutissement de ce projet jusque qu'à ce que la musique vous parvienne et que le groupe monte sur scène.
Re-bienvenue sur Roma Caput Mundi.

PS: les plus lecteurs d'entre vous pourront ici remonter le temps jusqu'en 2007 et lire ou relire bon nombres d'élucubrations ainsi que toute la genèse de l'album "Mélodies Démolies" du défunt qui vous savez. Kusje. Jrm.

vendredi 1 janvier 2010

Ce qui a tourné inlassablement en 2009

Hope Sandoval and The Warm Inventions/ Through the devil softly

Black Dub/ Ring the alarm

A Heart is an Airport/ Your loudest is not your bravest

School of Seven Bells/ Alpinism

Bob Dylan/ Time out of mind

Daniel Lanois/ Here is what is

Tom Petty and the Heartbreakers/ Wild Flowers

U2 / The Unforgettable Fire

Rocco De Luca and the Burden/ Mercy

Cowboy Junkies/ Lay it down

Beirut/ March of the Zapotek

Sukilove/ Chose your gods

Phoenix/ Wolfang Amadeus Phoenix

Trixie Wihtley/ I'd rather go blind

Nico/ Chelsea Girl

Lilly Allen/ The Fear

The Experimental Tropic Blues Band/ Captain Boogie

Vasco Rossi/ Ad ogni costo

Talk Talk/ Spirit of Eden

Billie Holiday/ Lady Day and Prez

Levitation/ Meanwhile Gardens

lundi 7 décembre 2009

TUER L'APACHE POUR TOURNER LA PAGE

Envie d'autre chose. Besoin d'autres angles. Jeronimo, le projet, le groupe, comme on voudra, va donner ses derniers concerts bientôt. "Mélodies Démolies" est donc bel et bien le troisième et dernier volet d'une trilogie initiée avec "Un Monde sans Moi" et poursuivie avec "12H33". J'en suis assez fier, même si ce n'est pas de la grande musique, le bilan général est positif. J'ai beaucoup appris. J'aime ces trois disques, chacun ayant les qualités de ses défauts. Chacun étant le parfait polaroïd de ce qui se passait dans ma vie. J'ai été sincère. J'ai piqué des tas de trucs mais je les ai piqués aux meilleurs. Personne par ici n'a fait des disques comme ceux-là, ni dans le son, ni dans le propos. Ce n'est aucunement de la prétention c'est la réalité. Je suis assez fier de cela aussi. J'ai aimé la grande période laborantine de 1998 à 2000 qui a débouché sur les grandes lignes du premier album. Une période calme et ordonnée, lumières tamisées, application, recherche, découvertes. C'est par là que je m'en retourne. J'ai aimé l'enregistrement du premier album, facile et effrayant. Toujours gai. Travail patient et solitaire mais récompensé de la plus belle des façons. Mon OVNI. La tournée de 2 ans qui s'en suivit fut de bruit et de fureur. Inoubliable, épuisante, déchirante, d'une extrème intensité. Je n'ai pas aimé l'enregistrement du second, dans la foulée, sans recul, sans garde-fou, dans le doute, la fatigue et la nuit. Mais j'ai aimé son achèvement, sa libération. J'ai aimé le moyen-métrage qui l'accompagnait et qui le dévoilait. Lui né au Québec et achevé à New York. Ma catharsis. Puis à nouveau bruit, chaos, fureur sur scène pendant deux ans. Des drames. D'autres expériences avec d'autres gens. Surtout la redécouverte de mes sensations un matin dans une cuisine d'Oxford. J'ai aimé chaque seconde de la conception du troisième dans la douceur de la Lombardie. Ses nouvelles voies qu'ils empruntait et son refus obstiné de répéter ce qui avait déjà été fait. J'ai aimé ses risques, son pied de nez, son sourire obstiné et désinvolte. J'ai détesté le jouer devant des gens, tout du long. J'ai détesté en parler, le justifier, l'expliquer, le vendre. Ce troisième et dernier n'appartient qu' à ceux qui l'ont réalisé. Ce disque n'est jamais sorti du studio où il a été conçu. Ce n'est pas un disque pour les gens et on l'a vérifié par après. Son esprit, son essence, sont restés là-bas, non loin des révolvers de Vérone. C'est très bien ainsi. Les guitares, mes petites églises dans des valises sont prêtes pour la suite. Le studio démonté, vérifié, nettoyé, enrichi, est prêt pour son nouveau cadre; vieux parquets, hauts plafonds, moulures, larges pièces rectangulaires qui résonnent beaucoup. Lumière. Collines boisées. Jeronimo s'arrête ici, au bon endroit, au bon moment, soucieux de laisser la voie libre à un autre projet. Mieux en phase avec ce que j'ai dans le coeur et dans les doigts. L'ampli Vox AC 30 piaffe d'impatience. Les musiciens qui m'ont accompagné sur ce dernier volet scénique ont déjà réservé leur places pour le prochain voyage. Merci tellement à eux. Je ne suis ni triste, ni en colère, ni soulagé. Confiant, je retrousse mes manches, devant moi une terre, une mer, des montagnes inconnues. Enfin. Boussole bien réglée, des vivres, un cap. La destination c'est le voyage. La méthode, c'est l'improvisation. Le but, c'est capter l'instant. S'éloigner un peu du méli-mélo "rock wallon", de ses nobles efforts et de ses erreurs de scénarios. Faire place à de plus jeunes, armés de meilleures dents qui sauront séduire de plus jeunes également. Je les retrouverai à un moment donné en cours de route je suppose. Lumière calme et non clignotante. S'il-vous-plaît. Comment terminer ceci sans remercier tous les gens quis e sont impliqués dans ce projet ? Tous ces gens ! Merci à eux du fond du coeur. Surtout merci au public. Merci.

lundi 9 février 2009