dimanche 2 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


Le dimanche après-midi, j'ai pris l'habitude d'emprunter la Peugeot décapotable de ma maman, pas vraiment pour la véranda mais pour son système de son: impitoyable avec les démos. Je glisse donc la galette argentée, je démarre les 400 chevaux de son moteur et je m'en vais au hasard par les routes isolées et remembrements en écoutant mon travail. En regardant les paysages de peupliers et les champs qui ondulent doucement et qui se mêlent aux nuages bas.
Je ne retrouve jamais mon chemin, il m'est impossible de faire deux fois le même itinéraire. La semaine dernière tout était inondé de soleil, aujourd'hui c'était le jour des nuages noirs sur fond gris doré. J'ai écouté les douze chansons en me réservant la dernière pour le pied du chateau d'eau d'où on a une vue imprenable sur les champs et l'autoroute E40. Pour rêver j'y monte souvent, les champs à perte de vue et l'autoroute. J'y rêve à hier et à demain. Et mon disque s'achève. J'ai bien travaillé, ce soir je dormirai plus tranquille malgré la foule de petits détails qu'il reste encore à améliorer. Ce sera mon meilleur album, je n'ai plus aucun doute à présent. Et lentement je ramène le bolide bleu-gris-clair dans les stands, le silence est ahurissant quand je coupe le moteur qui fait clic clic en refroidissant. Je coupe les phares, je détache le harnais et je m'extrais prudemment du fauteuil roulant d'aluminium. J'ai toujours la même pensée quand je sors d'une voiture: mon Dieu, je peux encore me servir de mes jambes !

samedi 1 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


La dernière chanson qu'on écrit pour un disque est toujours difficile, c'est celle qui va compléter l'ensemble, ajouter les petites choses qui n'y figuraient pas encore. Elle demande beaucoup. Je trouvais qu'il manquait deux ou trois gros mots genre : "enfoiré, connard, pauv'type". J'ai écris le texte hier soir pendant que Virgil faisait résonner les murs de mon studio. RDV avec l'ange Gabriel deux heures plus tard pour essayer de placer la voix et ce texte sur cette magnifique musique qu'on avait enregistré ensemble en Italie l'été dernier; ça a fonctionné. On la tient cette dernière chanson. Elle s'appellera: "Heidi".

vendredi 29 février 2008

JERONIMO ALBUM #3


Parfois il m'arrive de ne pas dormir à cause de l'inquiétude; pour le moment je n'arrive pas à dormir tellement je suis de bonne humeur. L'album se boucle, j'arrive à la fin. Mes oreilles et mon coeur sont heureux. 12 belles chansons, sauvages et tranquilles. Douces/amères. Nous retournerons finaliser tout ça à La Fabbrica di Plastica, Gattatico, Italia, là où on avait commencé. Avec la même bande de joyeux drilles. D'ici là j'ai encore beaucoup mais beaucoup de travail avec d'autres gens, d'autres projets, d'autres disques. D'ici là il faut que je dorme un peu.
J'ai encore besoin de mon coeur.

mardi 26 février 2008

JERONIMO ALBUM #3


(je reprends et je continue...donc:)
La vieille Hofner de mon père, j'écris tout avec elle pour le moment. Elle est vraiment plus vieille que moi, il y a plein de chansons à l'intérieur. Il manque une corde car la mécanique du Ré est cassée. Je m'en passerai, du Ré mais pas d'elle. Pour la première fois j'ai écris une chanson dans la baignoire, avec un bloc note, un crayon et la vieille hofner de mon père; la chanson s'intitule: " Triangle équilatéral". Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. C'est la vieille Hofner qui me l'a soufflé. Pas facile de jouer de la guitare quand on est dans son bain ! Sauf avec la guitare de mon père. Et d'hypothénuses en diamètres, je me fait le géomètre de tes angles parfaits. De divisions en additions, je souligne ta forme, je découvre ton fond. Lalalalaaa la. Bon très bien, impeccable. A présent on épure mais je suis presque en retard pour un rendez-vous plus qu'important. Donc je dépose la vieille Hofner de mon père sur le lit et je n'oublie pas mes clefs.
Sur ce je prends la voiture et je réécris le texte sous la drache de l'E40, je sais c'est dangereux d'écrire des paroles en conduisant mais voilà comme-ça c'est fait et je ne le ferai plus. C'est épuré. Ensuite je vais nager, je sais que j'ai pris un bain avant mais ce n'était pas la même chose, c'était le travail. Le crawl, c'est de la noyade et c'est tout différent. On n'a pas tout le temps pied. Le texte continue de s'écrire tout seul pendant que j'avale immodérémment des litres de chlore et je le termine dans la cabine, à poil. Voilà. La chanson s'appelle toujours "Triangle équilatéral" et elle est épurée. Là je file la mettre en boîte dans le studio d'à côté et après, et seulement après, je pique ma crise cardiaque.

dimanche 24 février 2008

JERONIMO ALBUM #3


L'enregistreur a beaucoup tourné, les guitares ont miaulé comme jamais, les batteries frappent fort et les mots plus encore. Une image apparaît dans le bac à révélateur et le photographe retient son souffle. Le scénario fou continue. Il y a des carrés de peupliers partout, des sentiers qui ne mènent pas vraiment quelque part. Il y a des rayures bleues et rouges et le vacarme de la mer. La buse fend sur le merle. Il y a l'autoroute et ses parasols orangés qui appellent. Les moteurs n'ont jamais le temps de se refroidir. Il y a l'épuisement et le dépassement. Les feux clignotent au vert mais les piétons passent quand-même. Il ya des beffrois comme on en trouve dans le nord du pays, avec les échos de la capitale aussi et les vallées de la ville qui m'a vu naître et que je quitterai bientôt. Les grillages ont lâché, l'herbe folle les enlace. Il y a beaucoup de soleil sur cette plage où je me noierai dans ses yeux. Il y a un tunnel et un train. Il y a la lumière. Un ange vient me visiter le matin mais s'évanoui quand j'essaie de l'embrasser. Il y a un calibre 38 et le bas côté d'une route dans le nord de l'Italie. Il y a des accidents et des meurtres, des faits d'armes et des trahisons. Des rendez-vous secrets derrière des horloges. Le temps qui se décide enfin à ne plus passer. Il y a de sombres questions d'argent. Il y a l'avenir, ouvert et immense. Si vous saviez...

vendredi 1 février 2008



La première fois: une soirée indie sur les hauteurs de Liège, d'un coup l'air est déchiré par les guitares de "Christine". La seconde fois: à l'écoute de l'émission "Sound of the 80's" animée par l'inanimable Bernie Hemblenne, le poste se met à hurler "Shine on". Je vous parle de ça, on est en 1988 à l'époque. et bien 20 ans plus tard, l'émotion est la même. La même je vous dis !

dimanche 20 janvier 2008

Nuit de fête (mais pas pour tout le monde...)


Je me trouve dans un endroit indéterminé à un concert du meilleur groupe de tous les temps, premier rang, 300 pulsations/minute. La scène est décorée de blanc avec différents niveaux. Un ensemble de cuivres a rejoint le groupe pour les nouvelles chansons. Le son est le plus beau du ciel. Qui ressemble à ceci: .......................................................................................................................................................................
Bruit blanc. Dimanche matin, Ixelles, j'ai rêvé. Ma copine me le confirme car le concert a fait tellement de bruit dans ma tête qu'elle n'en n'a pas dormi. Devant ma tasse de Nesscafé, les effluves sonores des jaguars s'estompent peu à peu. Je passe ma journée entre "Soon" et " Sue is fine". Acouphènes ? A moins que... bande originale de mon âme...My Bloody Valentine saves............................................................................................................................................................