samedi 8 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3

Dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormi, dormir , dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir, dormir.

vendredi 7 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


Voici quelques jours qu'il me fait de drôles de trucs le G4. Je suis indulgent car il aura tout de même enregistré 3 albums le minou-minou. Et joué deux tournées ( environ 300 dates). Ce ptit truc-là a joué partout en francophonie plus l'Espagne. Pas froid aux yeux mon 456 MgHtz. Il ne se plante jamais, mais là il vient de couper sans que je puisse lui demander pourquoi le sale con. Demain matin convoqué au bureau mais je suis prêt à lui passer plus ou moins tout. Quand je repense au jour où je l'ai acheté et où tout le monde s'est foutu de ma gueule en me disant que je n'arriverais jamais à le rentabiliser... 6 mois plus tard et il était amorti ! Pendant ce temps-là de pauvres forçats du PC/windows/arnaque /monopole mondial plus moins mais surtout carrément inutilisable en sont encore à tenter d'enregistrer une demi-note...Donc G4 a planté pour la première fois en 7 ans...si ça trouve je dois tout recommencer...sortie repoussée à 2012 ????
Son dernier message était: " ghrqgjrg////¨%%%476{[{[[{[^^^{{€{{[^[^{##[#^#@^#bkeqbqfiuqruhgqe4234"
Ou alors c'est la vodka ?
Une bonne nuit de sommeil et je m'y remets. Donc...
PS: je viens de checker, c'était pas lui, c'était moi..et la vodka !

mardi 4 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3

La treizième chanson, épisode 2

Réveil ce matin vers 11H521. Rêvé pendant 4 heures 30 mais pas de souvenirs. Un sommeil pesant comme en décalage horaire. J'emporte une tasse de café au studio et fébrilement, fébrilement je me repasse le travail de la nuit. Ok. C'est goal ! Quel beau tir ! J'ajoute un petit piano de rien du tout dans le second couplet et du mellotron dans le second et dernier refrain. Là ça décolle vraiment à la Boeing 747. Pas à la Airbus ni Concorde, non, à la Boeing 747 ! Et puis le Concorde s'est toujours montré rétif au décollage. Et les Airbus ça cliquote de partout. Me reste à écrire le texte. Je rentre au bureau et le soleil est enfin sorti. Dehors il fait magnifique, c'est l'hiver du printemps et ça me rappelle quelqu'un. Les gouttières font un bruit assourdissant et j'en enregistre une avec mon walkman. On ne sait jamais. Le texte semble s'écrire tout seul lui aussi, je suis ahuri. Le temps que mon bain coule et la page s'est noircie. Je reste environ 8 minutes dans mon bain avec la feuille en main, chantant à tue tête. Puis je me rue à nouveau au studio.
Il est 13h98; j'en sors à 16h04, un CD rom dans la main. Je suis mort de fatigue, je n'ai rien mangé mais j'ai bien chanté, j'ai bien joué et j'ai bien écrit. Je passe la chanson dans une vulgaire chaîne stéréo qui me la rend magnifiquement. Voilà. Je ne sais pas ce qui s'est passé; c'est arrivé comme un accident. Vers 17h moins 632, il faut que je me recouche et que je rerêve. Je fais du jogging dans le village les jambes prises dans une couette. Réveil 3 heures plus tard, toujours pas mangé. Et la neige s'est remise à venter et cette fois je vais manger. La treizième chanson se nomme:" Malgré nos mauvaises manières". Il me reste à l'emmener dans la Peugeot pour une ballade au hasard. Mais pas cette nuit...

JERONIMO ALBUM #3

13 ème chanson, le récit:

Je vous parlais de mes insomnies de bonne humeur, de la Peugeot de ma mère, de la vieille Hofner de mon père, de l'40 et des chemins de campagne avoisinants, d'un pylone électrique et de mon prochain disque. Voici que tout se mélange: quelques accords en Mi majeur grattés au hasard dans l'après-midi sur la vieille guitare à 5 cordes de mon vieux et la complainte reste en tête. Une longue promenade de plus au couché du soleil avec le bolide maternel et mes démos à fond. Et si il m'en manquait une ? Juste une...Une visite aux cables à haute tension ( le temps était plutôt calme). Jusque là ok. 23H67, je sors du lit, impossible de me mettre à rêver tant que je n'aurai pas essayé la suite d'accords en Mi majeur dont je vous parlais il y a un instant. Premier problème: plus de camel ! Sans mes camel, j'existe à peine et tout est fermé (merci Willy ! Vraiment, Liège depuis tes bonnes idées c'est quelque chose, la prochaine fois je vote Ecolo, j'ai pas encore essayé cette marque-là!). J'empoigne donc le volant de la 206 CC et fonce à 200 Kmh (ou presque) jusqu'à la première station service que je rencontre sur l'E40. Total. Ok. Bières et camel... Je rentre par les chemins obliques et la température chute brusquement. 3 degrés. 2degrés. Je me ravis du chant de la Peugeot entre 4.800 tours et 6.000 tours: un véritable enchantement. Le siège qui s'écrase et son museau qui fait des bonds en avant. Je pense très fort à Françoise Sagan pour garder le volant entre mes deux mains. La pluie qui tombe se transforme en neige. J'évite de peu un sapin, oui, un sapin genre Noël qui traîne au milieu de la route. Je le mets sur ma droite dans un grand éclat de rire. On n'y voit rien. J'arrive au studio et me mets au travail. Tout coule de source, tout va dans le même sens. La treizième chanson est en train de s'enregistrer toute seule. Il m'a fallu lui donner un nom pour que le Mac Intosh ne s'y perde pas. "Kirsten". Je n'ai pas encore écrit les paroles. 3 heures plus tard, je sors dans la cour et il y a 10 centimètres de neige. Je suis pieds nus et je marche dans la neige; le bruit de mes pas dans la neige me fait penser à la chanson. Me fait penser à "Kirsten". De la neige qui crisse. Du froid qui se réchauffe. Là je vous raconte il est 6h du matin et la treizième chanson est en boîte.
Je l'ai écoutée en boucle pendant plus d'une heure. C'est une belle chanson. Demain, tantôt, je placerai le texte et la voix. Et elle fera son chemin sur le disque; elle fera son chemin jusqu'à vous.

lundi 3 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


Dans le temps, je vous parle de ça il y a 15 ans voire plus, on "montait" souvent au pylone. Mes cousins Xavier, Raphaël, mon frère Thomas et moi. Dès qu'un anticyclone le permettait, hop, grimpette. On restait là des heures à 8 mètres des blés et à 1000 mètres du ciel. Les champs et l'E40, encore et toujours. C'était un rituel, là-haut, on pouvait tout se raconter ou ne rien dire.
Parfois l'un d'entre nous y allait en solo, walkman et musique noisy sur la bande. J'ai des souvenirs de Ride, de Slowdive et Throwing Muses là au dessus. Il suffisait de descendre la route de Lin, une légère courbe à droite et l'étendue désertique verte se dévoilait, dominée par son pylone. Notre pylone. Il nous attirait comme un aimant. Nous avons toujours été fascinés par l'électromagnétisme dans toutes ses formes: courant électrique, chimie électrique, lévitation, ce genre de choses. Et au sommet de ce truc, à une encablure des lignes à haute tension, je ne vous raconte pas les décharges inconscientes qu'on se prenait dans le cerveau. On l'aimait, c'était notre pylone. On avait d'autres camps, comme la tour centrale du pigeonnier où on passait des nuits pas trop catholiques. Personne d'autre n'y allait. C'était nos camps. On avait 18/16 ans. Le temps a passé et nous grimpons encore...

dimanche 2 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


Le dimanche après-midi, j'ai pris l'habitude d'emprunter la Peugeot décapotable de ma maman, pas vraiment pour la véranda mais pour son système de son: impitoyable avec les démos. Je glisse donc la galette argentée, je démarre les 400 chevaux de son moteur et je m'en vais au hasard par les routes isolées et remembrements en écoutant mon travail. En regardant les paysages de peupliers et les champs qui ondulent doucement et qui se mêlent aux nuages bas.
Je ne retrouve jamais mon chemin, il m'est impossible de faire deux fois le même itinéraire. La semaine dernière tout était inondé de soleil, aujourd'hui c'était le jour des nuages noirs sur fond gris doré. J'ai écouté les douze chansons en me réservant la dernière pour le pied du chateau d'eau d'où on a une vue imprenable sur les champs et l'autoroute E40. Pour rêver j'y monte souvent, les champs à perte de vue et l'autoroute. J'y rêve à hier et à demain. Et mon disque s'achève. J'ai bien travaillé, ce soir je dormirai plus tranquille malgré la foule de petits détails qu'il reste encore à améliorer. Ce sera mon meilleur album, je n'ai plus aucun doute à présent. Et lentement je ramène le bolide bleu-gris-clair dans les stands, le silence est ahurissant quand je coupe le moteur qui fait clic clic en refroidissant. Je coupe les phares, je détache le harnais et je m'extrais prudemment du fauteuil roulant d'aluminium. J'ai toujours la même pensée quand je sors d'une voiture: mon Dieu, je peux encore me servir de mes jambes !

samedi 1 mars 2008

JERONIMO ALBUM #3


La dernière chanson qu'on écrit pour un disque est toujours difficile, c'est celle qui va compléter l'ensemble, ajouter les petites choses qui n'y figuraient pas encore. Elle demande beaucoup. Je trouvais qu'il manquait deux ou trois gros mots genre : "enfoiré, connard, pauv'type". J'ai écris le texte hier soir pendant que Virgil faisait résonner les murs de mon studio. RDV avec l'ange Gabriel deux heures plus tard pour essayer de placer la voix et ce texte sur cette magnifique musique qu'on avait enregistré ensemble en Italie l'été dernier; ça a fonctionné. On la tient cette dernière chanson. Elle s'appellera: "Heidi".