mercredi 9 mai 2012

Mr LE PRINTEMPS (T'ES ST'UNE GROSSE BIÈSSE)


Bien Cher Mr Le Printemps (connard),

tu fais chier. Tu me les brises sévère. Et sans trop m'avancer je pense ne pas être le seul. Qu'est-ce que tu fous ? J'espère que tu as un certificat médical en béton ou quelque chose du genre car tu risques le C4 sans indemnités. Qu'est-ce que tu attends ? Une marche blanche ? Tu nous prends pour des imbéciles ?
Tu sais que tu risques le boycott pur et simple pour l'édition 2013 ? 
Ta femme t'a quitté et tu es en dépression ou quoi ? A moins que tu ne sois en vacances ? 
Vacances qui, je te le rappelle amicalement avant de m'énerver pour de bon, ne sont censées débuter que le 21 juin.
Tu sais quoi Printemps de pacotille, j'ai envie de te casser la gueule. Et je ne suis pas le seul. 
T'es fauché au point de ne même pas pouvoir t'offrir un anti-cyclone ?
Sais-tu qu'on en trouve en bon état d'occasion ? E-Bay ça ne te dit rien ?
Lâcheur, tire-au-flanc, pleutre, t'as rien dans le sac ! Tu gâches tout, tu es décevant, tu es nul. Je te préviens Printemps, tu as intérêt à rappliquer vite fait sinon je t'explose la gueule. Et je peux très bien passer un ou deux coups de fil, rameuter des potes, de vrais durs. Tu veux un coup de batte de base-ball dans les guiboles. Tu vas l'avoir ! Pauvre con ! Crétin intersidéral ! Cosmo-connard ! Je te hais.
Tu nous pisses sur la tête sans même essayer de nous faire croire qu'il pleut.
Tu devrais faire de la politique ...

PS: cherche anti-cyclone abordable, robuste et en bon état, laissez message et faire offre. Pour usage strictement privé.

dimanche 6 mai 2012

ET AUSSI LES ARBRES...




Je me souviens. Janvier 1988, le vent soufflait à tout berzingue et il faisait doux. La fenêtre de ma chambre ouverte sur la campagne endormie. Un 33 tours. Le nom de groupe: And Also The Trees. Le titre du recueil: Virus Meadow. Pris au hasard pour la pochette en nature morte et le nom du groupe. J'ai toujours aimé les arbres. Parfois je les enregistre. Je colle un micro très sensible contre le tronc et j'appuie sur rouge. Rien que du silence, du faux silence. Car à l'intérieur se trament des rythmes inconnus de nous. L'Homme n'a pas encore inventé le micro qui convient. Parfois je leur présente des excuses dérisoires car de leurs corps nous construisons des instruments de musique. Et des bateaux. Et des avions. Et d'horribles garde- robes et d'inutiles gardes-manger. Souvent je les remercie quand je sens contre ma poitrine les vibrations doucement réconfortantes et chaudes d'une guitare ou d'une autoharpe qui chantent. Soit. L'album s'ouvrait avec "Slow Pulse Boy", monument intouchable de poésie et d'obscurité. Dès les premières mesures, j'ai su que ce groupe allait m'accompagner pour toujours dans la rêverie. Vers la fin du disque il y a "Gone like the Swallows", chanson perchée sur le fil d'une falaise. Alors j'ai été les voir et je les ai suivis, fidèlement. De longues années durant. Premier concert à Liège en 88, messe noire; cheveux crêpés, blazers sombres et creepers aux pieds. A l'époque, les publics ne se mélangeaient pas. Nous étions entre nous. Et c'était bien. C'était snob et pas cool. C'était libre et sans sponsors. Le concert a débuté avec "L'Unica Strada", milles guitares qui sonnent comme un orchestre de mandolines. Plus loin ils jouèrent "Shaletown" et "The Millpond Years". 2 ans plus tard à l'Orangerie du Botanique, premier rang, cours de guitare avec Justin Jones, musicien unique au monde à la vision unique au monde. Inapprochable dans le jeu et le son. Sa guitare Höfner rouge qu'il joue toujours aujourd'hui. Long interlude jusqu'à un festival où Jeronimo jouait en 2005 près de Liège à nouveau. Après nous c'était eux. Je n'ai pas pris la peine de remballer mes affaires et j'ai été les applaudir et les rencontrer. Dire à Justin combien il avait été important et combien il le resterait. C'était sur une péniche amarrée. Un garçon doux au regard clair. Doigts de fée. J'étais mal à l'aise car beaucoup de monde avait regardé le concert de Jeronimo. Presque personne pour And Also The Trees. Injustice infâme. Bêtise du public. Troupeau stupide et avachi à la bière tiède. Avril 2012 et And Also The Trees sort un de ses plus beaux disques : "Hunter not the Hunted". Tout est là, intact et précieux. De la poésie. 24 ans que leurs disques tournent inlassablement. 24 ans à guetter leur venues par ici. Ce sera le 17 mai à Bruxelles et je serai au premier rang. Je tiens à remercier l'insubmersible Bernard Hemblenne qui s'occupe d'eux pour leurs concerts chez nous et qui depuis 24 ans les invite régulièrement. Ci-dessous des liens vers les chansons évoquées plus haut. Achetez leur disques, ils sont intemporels et uniques.


SLOW PULSE BOY:http://www.youtube.com/watch?v=cpkg9FmvONM

GONE LIKE THE SWALLOWS :http://www.youtube.com/watch?v=5--Danrulog

L'UNICA STRADA : http://www.youtube.com/watch?v=_rrZjIr-7ZI

SHALETOWN : http://www.youtube.com/watch?v=QvUIQTTJfdw&feature=related

THE MILLPOND YEARS : http://www.youtube.com/watch?v=XPGEPjeHnQk

BURN DOWN THIS TOWN : http://www.youtube.com/watch?v=ydjV72n2YZg



http://www.andalsothetrees.co.uk/

PS: Justin Jones que j'avais chroniqué dans les pages du Vif par là-bas: http://weekend.levif.be/tendance/lifestyle/nos-chroniqueurs/icones-electrique-justin-jones-le-romantique/article-1195100448673.htm

lundi 30 avril 2012

POLLY JEAN HARVEY - GROW GROW GROW




Grandis grandis grandis

J'ai semé une graine
Sous le chêne
J'ai marché dessus
Avec mes bottes je l'ai foulée

Grandis Grandis Grandis

J'ai planté une rose
Sous la chênaie
Avec mes bottes sur le sol
Dans la terre je l'ai piétinée

Pousse Pousse Pousse

Apprends-moi comment grandir
Apprends-moi comment grandir
Apprends-moi Maman
Comment grandir
Comment faire envie à quelqu'un
Sous la chênaie tordue

Polly Jean Harvey - copyright

mardi 24 avril 2012

JE SUIS UN TRAIN DE MARCHANDISES




Studio Nord-Nord-Est. Une prairie, un cheval et un poney. Quelques bons micros. Plus loin en contre-bas le cinéma en plein air et enfin les Flandres. J'ai débuté les sessions avec "Vendredi aux écuries". Dont je dois remanier le texte. L'arrangement est entêtant, contagieux avec ses arpèges d'autoharpe et les choeurs dans le finals. J'ai enchaîné avec "Nagasaki 30 secondes avant". L'approche sonore, les autoharpes et l'écho est bonne mais la structure rythmique est compliquée. Je dois y revenir. J'ai poussé le bouchon plus loin avec "Elle s'en va tuer un homme", en quittant son climat boisé automnal pour quelque chose de plus européen, de plus traditionnel. Désormais comptine valse en montagnes russes, toute vibrante de mandolines, de kazoo et d'autoharpes. J'ai obliqué sur "Ta nuit dans les bras de Berlin", bastringue, franche du collier, un peu déglinguée avec le riff de Dobro en roue de vélo voilée . Arrangement très "années folles". Cap sur "Paris petite conne", où j'ai opté pour une ballade toute country qui sent la vache, avec une télécaster et du trémolo à gauche et le dobro qui gazouille à droite. Et beaucoup de traitements sur les reverb et delays qui lui donne une couleur Eno/Lanois que j'aime beaucoup. Cousine éloignée de "Corrina Corrina" ? "John Lennon s'est suicidé" a pris une direction inattendue, quelque peu hors de contrôle. Je me suis aidé en écoutant A Group Called Smith, magnifique découverte, je recommande. Le groove de la vieille Sonorus de 55 est un peu reggae par moments. Il y a aussi un clin d'oeil à dEus. C'est la plus agressive, ses refrains sont sans pitié. "Princesse au regard couleur ciel de Belgique" est vernie car elle bénéficie de deux versions aux antipodes l'une de l'autre. Un rock nerveux, rapide. Sec et secoué par un solo de télécaster ininterrompu, très Benny Hill au final. Et une valse champêtre fin du monde avec cuivres, mandolines, autoharpe, ukulélé, batterie fanfare. Cette dernière, très déglingue à nouveau, pourrait l'emporter pour l'album mais pour le live qui sait. A noter que le texte "Petit Ramoneur de rien du tout" fonctionne à merveille sur la version rock. Mais je lui réserve une autre approche pour la prochaine session qui aura lieu dans un autre endroit. "Pieds Nus dans l'aube" et Irons-nous voir Ostende ?" gardent leur version Dobro du studio Astrid. J'hésite quant au final d'"Ostende", qui la porterait vers les 15 minutes. Mais pourquoi pas...
Donc. Au final de la session Nord-Nord-Est. Beaucoup de tambourins. Peu de guitare électrique. J'ai accordé l'autoharpe selon les accords que j'utilise le plus souvent ce qui lui donne une tonalité légèrement plus ombragée. Cet instrument me fait penser à une rivière. La mandoline résonne comme les ailes d'un oiseau. Le Dobro c'est l'élément métallique, dur, grinçant. Les tambours sont des coussins fermes et ronds qui rebondissent. Les orgues c'est le vent. Les vieilles guitares sont la forêt. Moi je suis un train de marchandises. Certaines basses sont chantées plutôt que jouées sur l'Höfner violon.  Il y a un truc très déglingué qui règne tout au long de ce recueil de chansons à naître. Je pense à explorer par là.
Mais d'abord trouver un endroit qui donne envie aux micros. 


lundi 16 avril 2012

MARC DIXON - SI TU JOUES TA VIE


Jour de fête. Le premier single accompli ses premiers pas dans la nature.
Paroles: Marc Dixon
Musique: votre serviteur et Marc Dixon
Mixage et mastering: Gilles Martin
Images: Santos Hevia

Deuxième chanson des sessions "Saloon", Marc a immédiatement évoqué le son satiné et graveleux de la Martin acoustique. "Très large, léger, sautillant, presque pop !". Que j'ai jouée puis doublée à travers les Fender Champs pour gagner du magnétisme. Le vieux Dobro fait son apparition pour les thèmes. Marc désirait un son de contre-basse alors j'ai passé la même Martin DM dans une pédale Whammy rouge qui rend ce son lourd et très bas aux contours imprécis. Je me suis risqué à un Mellotron pour les contre-chants, pastoral rouillé et hésitant. Un peu "bastringue". Comme les soli de Jaguar. Blues équilibriste instable. Que Marc m'a demandé fait refaire à chaque fois que je me tenais trop droit sur la corde...

Et aussi par ici:
http://marcdixon.bandcamp.com/track/si-tu-joues-ta-vie-single