lundi 16 janvier 2012
LE POUVOIR DE DIRE "NON" !

Il faut parfois pouvoir dire "non ! ". "Merci mais non". Oui mais parfois on est obligé. Non. Je me souviens. Lors de la promo interminable et exigeante du premier album de Jeronimo (avec un J et sans accent sioux-plaît), le rédacteur en chef du Vif-Weekend m'a contacté pour une session photo dans le cadre de "La Mode c'est du Belge" ou quelque chose comme-ça. Le principe: être habillé par un styliste de chez nous, longue interview et couverture. "Non". Je me souviens de la longue, âpre mais respectueuse et amicale discussion avec Frédéric, le rédacteur. Ses arguments ne manquaient pas de poids au niveau visibilité, les miens n'en manquaient pas non plus au niveau de mon intégrité (relative). Nous nous quittons donc sur un "non". Et Frédéric de me glisser en fin de conversation: "c'est tout à ton honneur". Bon. Lors de la promotion du second album de Jeronimo ( le J tout le monde a compris mais concernant l'accent sur le E le franc ne tombe pas), ce même rédacteur du Vif-Weekend, Frédéric, me recontacte pour une session photo dans le cadre de "La Mode c'est toujours du Belge" ou quelque chose du genre. Le principe est le même et la réponse est la même. Frédéric s'en doutait. Détrompez-vous, je suis touché par son insistance et il est touché par ma rigidité (relative). "C'est tout à ton honneur même si tu te prives d'une couverture, de trois pages d'interview et de X milliers ou dizaine de milliers de lecteurs. Et tous les groupes acceptent". "Non"." Et je ne suis pas tous les groupes". C'est alors que le Nokia re-sonne quelques semaines plus tard. Et là miracle: Frédéric me propose de devenir chroniqueur pour le Vif-Weekend. Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Je pense que ma démarche (non) et ma rigidité (relative) face à cette farce mensongère, cette réclame qu'est très souvent la promo d'un "disque" l'ont touché. Et me voilà engagé comme chroniqueur pour le Vif-Weekend. Nous sommes en 2006 et je chronique des romans. En 2007, j'ai chroniqué les disques de l'île déserte. En 2008, j'ai chroniqué des films ainsi que des villes que j'ai connues en tournées. En 2009, j'ai chroniqué des guitares. Et depuis 2010, je chronique des guitaristes. A chaque fin de saison, je redoute toujours d'être remercié. Mais non. L'idylle se poursuit. Six belles années à chroniquer. Frédéric s'en est allé vers d'autres sphères mais je lui suis tellement reconnaissant. Et il le sait. Ainsi qu'à Chantal, Fanny et Aurélie, que j'embrasse toutes trois au passage. Comme quoi il faut pouvoir dire "non". Si j'avais accepté, il est vrai que j'aurais touché X milliers ou dizaine de milliers de lecteurs, habillé en porte-manteau avec un bouquet de fleur sur la tête. En couverture en plus. Grâce à mes deux "Non", j'ai la chance tous les 15 jours de pouvoir toucher X milliers ou dizaine de milliers de lecteurs avec mes mots et des sujets que j'affectionne.
Et de cela je n'en suis pas peu fier. J'ai eu raison, non ?
Cliquez sur le titre ou copiez-collez ceci:
http://weekend.levif.be/tendance/
PS: oui je sais la photo, on dirait Tatayet mais il me manque voyez-vous...
samedi 14 janvier 2012
RÊVES DE GOSSES
Réaliser ses rêves et ne plus en trouver d'autres. Cauchemar. J'avais un rêve tout simple autrefois: jouer un concert, juste un seul. Bon Dieu quel pied ce serait ! Réalisé un après-midi de juin 1988 dans une grange devant la famille et quelques copains enthousiastes. Depuis j'ai arrêté de compter le nombre de concerts que j'ai joué, je n'en sais rien, 500, 600, 700 ou plus ?
Rêve réalisé et au-delà de toute espérance. J'ai fait le voeux de ne jamais l'oublier.
Rêve suivant: aller dans un studio et enregistrer un disque. Et encore, juste un E.P. pas plus.
4 titres, le format chéri des groupes indés fin 80's et début 90's. Un album complet je n'y pensais même pas. Hors de portée, on peut toujours rêver... Mais tout arrive alors en avant pour l'album, juste pour la beauté du geste, sans espérance commerciale ou alors tout de même un petit peu. Pouvoir se dire qu'on l'a fait. Réalisé. Et bien au-delà de toutes mes espérances.
Des tas de rêves romantico-bruitistes en général, voyager avec la guitare et le groupe, avions, vans, fans etc. C'est fait. Plus ou moins bien fait. Parler à un lac, se perdre en montagne.
Rêve américain, enregistrer un disque à Berlin et se faire passer pour un prétentieux.
Partir en tournée pendant un mois avec une de mes idoles d'Oxford et avoir la sensation de jouer dans le meilleur groupe du monde. Me transformer en anguille. Venise à Noël, Amsterdam avant l'an nouveau. Dormir dans une voiture sur une plage et se réveiller en contemplant le Stromboli et reprendre la route toujours plus au Sud. S'endormir en pleine forêt au son des coyotes qui s'appellent. Manier la rame sans créer de remous pour ne pas avertir le phoque. Chanter des listes. Tout plaquer sauf soi. Des rêves bien égoïstes, où personne ou presque n'est le bienvenu.
Que le Diable me pardonne. Un autre rêve: conduire une vraie voiture, une vieille Ford Mustang par exemple. Une machine qui vibre et qui vit, sans électronique ni 345 boutons différents sur le tableau de bord. Depuis hier c'est fait et bien fait. Tellement bien fait qu'elle est dans mon garage. Quel égoïsme, je n'ai jamais rêvé de marmaille ni de briques. Quel incivisme, je n'ai jamais rêvé d'un boulot stable ni d'élections sans prosélytisme. Que le Diable me pardonne. En attendant, Vroum Vroum. Car rêver a son prix. La vie par exemple, ce cauchemar pour ceux qui rêvent. Comme le disait le fictif Colonel Kurtz, un fou qui avait décidé de devenir lui-même au lieu de devenir général. Et pour dissiper tout malentendu, les rêves continuent d'affluer car c'est une contrée sans fin, sans domicile fixe, sans agents conservateurs, sans papier, sans plomb, mais heureusement pas sans risques ...
Rêve réalisé et au-delà de toute espérance. J'ai fait le voeux de ne jamais l'oublier.
Rêve suivant: aller dans un studio et enregistrer un disque. Et encore, juste un E.P. pas plus.
4 titres, le format chéri des groupes indés fin 80's et début 90's. Un album complet je n'y pensais même pas. Hors de portée, on peut toujours rêver... Mais tout arrive alors en avant pour l'album, juste pour la beauté du geste, sans espérance commerciale ou alors tout de même un petit peu. Pouvoir se dire qu'on l'a fait. Réalisé. Et bien au-delà de toutes mes espérances.
Des tas de rêves romantico-bruitistes en général, voyager avec la guitare et le groupe, avions, vans, fans etc. C'est fait. Plus ou moins bien fait. Parler à un lac, se perdre en montagne.
Rêve américain, enregistrer un disque à Berlin et se faire passer pour un prétentieux.
Partir en tournée pendant un mois avec une de mes idoles d'Oxford et avoir la sensation de jouer dans le meilleur groupe du monde. Me transformer en anguille. Venise à Noël, Amsterdam avant l'an nouveau. Dormir dans une voiture sur une plage et se réveiller en contemplant le Stromboli et reprendre la route toujours plus au Sud. S'endormir en pleine forêt au son des coyotes qui s'appellent. Manier la rame sans créer de remous pour ne pas avertir le phoque. Chanter des listes. Tout plaquer sauf soi. Des rêves bien égoïstes, où personne ou presque n'est le bienvenu.
Que le Diable me pardonne. Un autre rêve: conduire une vraie voiture, une vieille Ford Mustang par exemple. Une machine qui vibre et qui vit, sans électronique ni 345 boutons différents sur le tableau de bord. Depuis hier c'est fait et bien fait. Tellement bien fait qu'elle est dans mon garage. Quel égoïsme, je n'ai jamais rêvé de marmaille ni de briques. Quel incivisme, je n'ai jamais rêvé d'un boulot stable ni d'élections sans prosélytisme. Que le Diable me pardonne. En attendant, Vroum Vroum. Car rêver a son prix. La vie par exemple, ce cauchemar pour ceux qui rêvent. Comme le disait le fictif Colonel Kurtz, un fou qui avait décidé de devenir lui-même au lieu de devenir général. Et pour dissiper tout malentendu, les rêves continuent d'affluer car c'est une contrée sans fin, sans domicile fixe, sans agents conservateurs, sans papier, sans plomb, mais heureusement pas sans risques ...
vendredi 13 janvier 2012
samedi 7 janvier 2012
JERONIMO LE RETOUR ???!!!!!????
Bref. Lorsque je suis arrivé au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'ai lancé un concourt avec un pote du coin, Giancarlo. Gianca est un artiste. Il tient une petite cantine dans la ruelle Ste-Justine où je vais manger très souvent. Manger, jouer sur sa 12 cordes, déguster quelques très bons vins et parfaire mon italien plus qu'hésitant. Mon frère est souvent de la partie. Gianca cuisine parfaitement, rien à redire, en finesse, en patience, en harmonie avec les produits de Modène qu'il importe chaque semaine. Gianca est aussi auteur-compositeur-interprète. Des ballades, voix basse un rien éraillée. Fan de Vasco Rossi, Sinatra et Dylan. Lorsque je suis arrivé au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'ai lancé le concourt suivant: écrire une chanson par jour, chacun de son côté et la présenter le soir autour d'une Pilzner. Ecrire vite et sans réfléchir, quelques accords et jamais plus. Et ça marche. Bon nous avouerons n'avoir pu écrire la moindre ligne le 1er de l'an, impossible, ce n'était pas la barre, ce n'était pas même la poutrelle, c'était carrément la charpente. Bref, 3 chansons en 5 jours. Simplement. Rapidement. Peu avant d'arriver au Lac de Garde le 29 décembre, j'avais appelé Thomas Jungblut pour évoquer ensemble l'éventualité de remonter sur scène avec Jeronimo, Tympan n'ayant pas abouti. L'envie, le manque, le plaisir, le nôtre et celui des gens. Enthousiaste le T-Jung. Il m'a avoué que ça lui manquait. Nous irons boire un verre et discuter tout bientôt. Le plus important: la scène. Monter un truc rigoureux et carré, histoire de s'amuser. Impossible de prendre du plaisir avec un bazar qui cliquote de partout comme un vieil Airbus (cf tournée Mélodies Démolies). Ordre, méthode, discipline. Un disque aussi. Je compte peut-être retourner dans la maison qui a vu naître "Jours Sombres Nuits Blanches" de Marc Dixon. L'endroit est propice. L'air y vibre comme j'aime. La grande pièce du rez-de-chaussée me plaît beaucoup, 20 mètres sur 7, parquet, baie vitrée asymétrique et occultable, murs en vieilles pierres, nature, rivière, sauna pour des amplis un peu forts. Un plan simple, pour le plaisir. Le côté "business", je pense en être guéri. J'ai eu ma petite toute petite gloriole et le mauvais goût des lauriers, les exigences et les conseils des uns et des autres, j'ai souvent dit oui à des gens dont je savais qu'ils avaient tort. J'avais souvent tort aussi. Ce fut une bonne école pour éprouver ma passion pour la musique. Toute l'année 2011 fut dédiée à passer ce cap. Faire le point, ne rien regretter. Un vrai trou noir. Une vraie page blanche. Elle est tournée, l'encre coule tout seul à nouveau. Si vous le désirez, laissez-moi en commentaires les anciennes chansons que vous aimeriez réentendre sur scène. "Le Petit Ramoneur de Rien du Tout", "Elle s'en va tuer un Homme" ainsi que "Irons-nous voir Ostende ?" y figurent déjà. Avant d'arriver au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'étais dans un avion désert au-dessus des Alpes seul avec le jour naissant. Café Cognac. J'ai senti que tout revenait, que le Sahara était derrière. Tympan ne fut qu'en définitive un mirage, je n'ai jamais pu que l'apercevoir de très loin, un peu brouillé, image instable, illusion inaccessible. Même Giancarlo m'a toujours appelé Jeronimo, tout le monde a continué de m'appeler comme-ça. Au Quick, à l'auto-sécurité, à la banque, à l'école, au bar, dans mes rêves et mes cauchemars. Mercredi soir chez mon ami d'enfance, sur un coup de tête je lui ai chanté à lui et à Bonnie (manager secret et invisible) une des petites nouvelles. "Mais qu'est-ce que tu attends pauvre con ? " m'ont-ils répondu. Une bonne claque, et le second déclic. Après Mélodies Démolies, j'étais cuit, cassé et furieux. Je cicatrise très mal, très lentement. Mais après coup cela donne de belles balafres.
PS:
Photo 1: Heidi et Champion.
Photo 2: Dobro et Bobonne
Photo 3: Giancarlo et la guitare Eko, Salo, Lac de Garde
mercredi 4 janvier 2012
TOI OUI TOI NON
L'action se déroule lors du spectacle de Noël dans l'école de musique où j'enseigne. Touchant de voir les élèves jeunes et moins jeunes terrifiés, excités, heureux en fin de compte sur la scène devant copains, profs et parents. Tout ça est très naïf mais et alors ? Heureusement car le monde de la musique pro est tellement cynique et hypocrite. Je suis le régisseur de la soirée, j'installe et désinstalle les groupes, leur prodigue quelques conseils ( accordez-vous) et encouragements (cassez-vous une jambe). Puis je descends dans le public pour regarder et écouter. Certains sont pas mal au point, d'autres moins mais l'important est qu'ils soient sur la scène devant un public. Les styles abordés sont des plus divers, pop, new wave, rock classique, ballades, hard rock, metal, etc etc. avec une tendance nette pour le rock (trop) lourd, full distorsion, power chords et soli assoupissants. Fin de soirée débarquent 5 jeunes, 2 nanas et 3 mecs, fringués comme dans les années 50, bananes, cuir noir et robes à pois décolletées. Le bassiste me demande de régler le son de sa Fender pendant qu'il gomine sa banane. D'habitude je l'aurais remballé mais là je suis séduit par la démarche. Et la tornade commence. Ils sont splendides ! Ils se lancent dans un meddley des grands classiques: tout y passe. Buddy Holy, Bill Haley, Elvis, Richie Valence, The Stray Cats et consorts. C'est simplement merveilleux. Merveilleux de voir ces jeunes de 16 ans attaquer ces monuments. Ils ont tout compris, ils commencent par le début. Certainement moins au point que leurs collègues métallurgistes mais certainement pas ringards. Au contraire, ce sont les longs cheveux aux guitares pointues qui se prennent la valise, et une belle. Ringard le métal, le rock lourd face aux sons clairs et swinguants du "vieux" Rock'n'Roll. Ringard vos riffs ultradistortionnés qui vous donnent une fausse impression de puissance. Classe vraiment classe les slides, hammerings et ryhtmiques furieuses de vos copains aux bananes. D'ailleurs tout le monde danse dans la salle. Danser sur du Metallica, ça n'existe pas. Alors j'ai pensé que ce petit groupe représentait l'avenir. Il m'ont fichu un beau sourire durant tout leur set. Et un sacré coup de pied au cul. Je les en remercie. Des jeunes qui prennent la guitare par le bon bout. Tu veux jouer du Rock fiston ? Alors commence par le début. Buddy Holy and The Crickets par exemple. Et qu'on ne me parle plus de Metalliquette et consorts, ce n'est pas du Rock, c'est du vomi.
mardi 3 janvier 2012
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