vendredi 13 janvier 2012
samedi 7 janvier 2012
JERONIMO LE RETOUR ???!!!!!????
Bref. Lorsque je suis arrivé au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'ai lancé un concourt avec un pote du coin, Giancarlo. Gianca est un artiste. Il tient une petite cantine dans la ruelle Ste-Justine où je vais manger très souvent. Manger, jouer sur sa 12 cordes, déguster quelques très bons vins et parfaire mon italien plus qu'hésitant. Mon frère est souvent de la partie. Gianca cuisine parfaitement, rien à redire, en finesse, en patience, en harmonie avec les produits de Modène qu'il importe chaque semaine. Gianca est aussi auteur-compositeur-interprète. Des ballades, voix basse un rien éraillée. Fan de Vasco Rossi, Sinatra et Dylan. Lorsque je suis arrivé au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'ai lancé le concourt suivant: écrire une chanson par jour, chacun de son côté et la présenter le soir autour d'une Pilzner. Ecrire vite et sans réfléchir, quelques accords et jamais plus. Et ça marche. Bon nous avouerons n'avoir pu écrire la moindre ligne le 1er de l'an, impossible, ce n'était pas la barre, ce n'était pas même la poutrelle, c'était carrément la charpente. Bref, 3 chansons en 5 jours. Simplement. Rapidement. Peu avant d'arriver au Lac de Garde le 29 décembre, j'avais appelé Thomas Jungblut pour évoquer ensemble l'éventualité de remonter sur scène avec Jeronimo, Tympan n'ayant pas abouti. L'envie, le manque, le plaisir, le nôtre et celui des gens. Enthousiaste le T-Jung. Il m'a avoué que ça lui manquait. Nous irons boire un verre et discuter tout bientôt. Le plus important: la scène. Monter un truc rigoureux et carré, histoire de s'amuser. Impossible de prendre du plaisir avec un bazar qui cliquote de partout comme un vieil Airbus (cf tournée Mélodies Démolies). Ordre, méthode, discipline. Un disque aussi. Je compte peut-être retourner dans la maison qui a vu naître "Jours Sombres Nuits Blanches" de Marc Dixon. L'endroit est propice. L'air y vibre comme j'aime. La grande pièce du rez-de-chaussée me plaît beaucoup, 20 mètres sur 7, parquet, baie vitrée asymétrique et occultable, murs en vieilles pierres, nature, rivière, sauna pour des amplis un peu forts. Un plan simple, pour le plaisir. Le côté "business", je pense en être guéri. J'ai eu ma petite toute petite gloriole et le mauvais goût des lauriers, les exigences et les conseils des uns et des autres, j'ai souvent dit oui à des gens dont je savais qu'ils avaient tort. J'avais souvent tort aussi. Ce fut une bonne école pour éprouver ma passion pour la musique. Toute l'année 2011 fut dédiée à passer ce cap. Faire le point, ne rien regretter. Un vrai trou noir. Une vraie page blanche. Elle est tournée, l'encre coule tout seul à nouveau. Si vous le désirez, laissez-moi en commentaires les anciennes chansons que vous aimeriez réentendre sur scène. "Le Petit Ramoneur de Rien du Tout", "Elle s'en va tuer un Homme" ainsi que "Irons-nous voir Ostende ?" y figurent déjà. Avant d'arriver au Lac de Garde le 29 décembre dernier, j'étais dans un avion désert au-dessus des Alpes seul avec le jour naissant. Café Cognac. J'ai senti que tout revenait, que le Sahara était derrière. Tympan ne fut qu'en définitive un mirage, je n'ai jamais pu que l'apercevoir de très loin, un peu brouillé, image instable, illusion inaccessible. Même Giancarlo m'a toujours appelé Jeronimo, tout le monde a continué de m'appeler comme-ça. Au Quick, à l'auto-sécurité, à la banque, à l'école, au bar, dans mes rêves et mes cauchemars. Mercredi soir chez mon ami d'enfance, sur un coup de tête je lui ai chanté à lui et à Bonnie (manager secret et invisible) une des petites nouvelles. "Mais qu'est-ce que tu attends pauvre con ? " m'ont-ils répondu. Une bonne claque, et le second déclic. Après Mélodies Démolies, j'étais cuit, cassé et furieux. Je cicatrise très mal, très lentement. Mais après coup cela donne de belles balafres.
PS:
Photo 1: Heidi et Champion.
Photo 2: Dobro et Bobonne
Photo 3: Giancarlo et la guitare Eko, Salo, Lac de Garde
mercredi 4 janvier 2012
TOI OUI TOI NON
L'action se déroule lors du spectacle de Noël dans l'école de musique où j'enseigne. Touchant de voir les élèves jeunes et moins jeunes terrifiés, excités, heureux en fin de compte sur la scène devant copains, profs et parents. Tout ça est très naïf mais et alors ? Heureusement car le monde de la musique pro est tellement cynique et hypocrite. Je suis le régisseur de la soirée, j'installe et désinstalle les groupes, leur prodigue quelques conseils ( accordez-vous) et encouragements (cassez-vous une jambe). Puis je descends dans le public pour regarder et écouter. Certains sont pas mal au point, d'autres moins mais l'important est qu'ils soient sur la scène devant un public. Les styles abordés sont des plus divers, pop, new wave, rock classique, ballades, hard rock, metal, etc etc. avec une tendance nette pour le rock (trop) lourd, full distorsion, power chords et soli assoupissants. Fin de soirée débarquent 5 jeunes, 2 nanas et 3 mecs, fringués comme dans les années 50, bananes, cuir noir et robes à pois décolletées. Le bassiste me demande de régler le son de sa Fender pendant qu'il gomine sa banane. D'habitude je l'aurais remballé mais là je suis séduit par la démarche. Et la tornade commence. Ils sont splendides ! Ils se lancent dans un meddley des grands classiques: tout y passe. Buddy Holy, Bill Haley, Elvis, Richie Valence, The Stray Cats et consorts. C'est simplement merveilleux. Merveilleux de voir ces jeunes de 16 ans attaquer ces monuments. Ils ont tout compris, ils commencent par le début. Certainement moins au point que leurs collègues métallurgistes mais certainement pas ringards. Au contraire, ce sont les longs cheveux aux guitares pointues qui se prennent la valise, et une belle. Ringard le métal, le rock lourd face aux sons clairs et swinguants du "vieux" Rock'n'Roll. Ringard vos riffs ultradistortionnés qui vous donnent une fausse impression de puissance. Classe vraiment classe les slides, hammerings et ryhtmiques furieuses de vos copains aux bananes. D'ailleurs tout le monde danse dans la salle. Danser sur du Metallica, ça n'existe pas. Alors j'ai pensé que ce petit groupe représentait l'avenir. Il m'ont fichu un beau sourire durant tout leur set. Et un sacré coup de pied au cul. Je les en remercie. Des jeunes qui prennent la guitare par le bon bout. Tu veux jouer du Rock fiston ? Alors commence par le début. Buddy Holy and The Crickets par exemple. Et qu'on ne me parle plus de Metalliquette et consorts, ce n'est pas du Rock, c'est du vomi.
mardi 3 janvier 2012
POINT DE CORDE
J'ai toujours pensé que de nombreuses similitudes existaient entre la musique et le sport. Nombreuses. Surtout avec les sports où la technologie joue un rôle primordial telle la compétition automobile. La musique électrifiée est le résultat d'une technologie. Guitares, micros, amplis, consoles, effets, speakers, enregistreurs etc. Je parle du sport automobile car mis à part la musique, c'est un domaine qui m'a toujours passionné. Histoire de famille. Mon arrière grand-père était mécanicien chez Maserati. A l'âge de 15 ans, mon grand-père m'a mis au volant sur des chemins de campagne. J'ai vu mon père et ses frères trifouiller dans l'huile et les moteurs, amoureux de belles voitures, un peu basses, un peu rapides. Si possible italiennes. Puis est arrivé le karting. Mon paternel nous a lancé mon frère et moi, sur des châssis Tecno puis CRG, moteurs Rotax. J'ai commencé la compétition et j'ai gagné une poignée de courses, quelques championnats sans grande importance. Mais sur la piste, le circuit, c'était la vie. C'est sur la piste que j'ai appris des choses essentielles que j'applique en musique. Le rythme, le tempo, la concentration, le dépassement de soi et des autres. L'isolement aussi; en piste, je pénétrais dans un autre monde. Le souffle, le chant du moteur, les vibrations, le cri de pneus. Comme l'a écrit Françoise Sagan: "la vitesse, ce grand élan de bonheur !". Je me souviens de ces longues séances d'entraînement à tourner sans fin. On me surnommait "l'horloge" dans le paddock car j'étais régulier. Pas toujours le plus vite mais constant. J'ai gagné des courses grâce à cela. Puis le frangin m'a débordé très vite. Très très rapide le petit. Et peur de rien ni de personne ce qui n'était pas mon cas. Un jour mes freins m'ont lâché juste avant une chicane et j'ai percuté un arbre, à fond. Je me suis réveillé à l'hosto. Là j'ai eu peur. Mon frérot jamais. Il avait beau se mettre sur le toit, sur deux roues ou sur une seule, il repartait plus vite qu'avant. Il était vraiment très rapide. Il a gagné de belles courses puis s'est attaqué aux championnats d'Europe et Mondial. Pas mince. Malgré son impulsivité et son manque de chance, il s'y est plus que bien débrouillé. J'étais devenu son mécano et on parcourait les circuits d'Europe. Papa nous filait un sacré coup de main. Nous avions l'immense chance de cotoyer et d'affronter des pilotes illustres et bien plus rapides que nous: Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Jenson Button, Anthony Davidson, Lotta Hellberg (R.I.P.), ... Mais tout doucement je laissais tomber les pistes pour les salles de concerts. Mon groupe Sealane tournait pas mal milieu des 90's. Le 31 avril 1994, Sealane remportait son premier concourt, Dominique A nous a remis le prix et on se croyait enfin arrivés. Le lendemain je rejoignais mon frère à Bologne d'où nous devions partir pour ValVibrata, championnat d'Europe. C'était le premier mai. Grand prix de Formule 1 d'Imola. En arrivant à l'hôtel j'ai vu passer un hélicoptère médical mais je n' y pas prêté attention. Mes parents et mon frère m'attendait au bar du Novotel, la mine basse. Mon père m'a dit : "c'est Ayrton ". Alors j'ai compris, l'hélico... Mes parents ont commandé une bouteille de champagne pour fêter la victoire de Sealane au concourt mais c'est à Ayrton Senna que nous avons levé nos coupes. Un des plus grands venait de s'en aller. Nous avons réussi une très belle course le week-end suivant, Thomas se classant 12ème, premier des pilotes privés. C'est Trulli qui a remporté le championnat. Le reste de la saison fut plus difficile. Deux ans plus tard, lors du championnat de Belgique, c'est avec Jenson Button que nous nous battions. Incroyable pilote, j'avais pour lui et ai toujours une profonde admiration. Thomas n'a jamais réussi à le battre et fut sacré vice-champion. (Imaginez mon émotion quand Jenson fut sacré champion du monde de Formule 1 en 2009. Une vraie leçon de vie). Après j'ai commencé mes voyages et Thomas les siens. Il est devenu mécano à son tour, gérant les futurs grands de demain; il a vu passer Vettel, qu'il surnommait affectueusement "petit bonhomme". Quand Sebastian croise mon frère de nos jours, il le lui rappelle en riant. La plupart des mecs qui courent aujourd'hui en Formule 1, Thomas les a vus hauts comme trois pommes dans leurs go-karts : Vettel, Hamilton, Rosberg, Kubika, Kovalaïnen, Raïkonnen, ... L'écurie Kosmic, dans laquelle il travaille depuis 4 ans, a été sacrée championne d'Europe et championne du Monde en 2010, grâce au formidable talent du pilote Armand Convers mais aussi grâce à tout le team. J'en ai pleuré au téléphone quand Thomas m'a annoncé le sacre. Ce Noël, il m'a offert le DVD "SENNA", le film sorti l'an passé sur le brésilien le plus rapide de tous les temps. Et j'ai pleuré en le regardant. Quand je me rend chez le frangin à Salo au bord du Lac de Garde, la première chose que l'on fait à part l'apéro, c'est de monter le Scalextric et de lancer nos trois Ford GT 40 Le Mans 1966. Guerre des chronos, guerre des réglages, c'est bon enfant, ça fait du bien de régresser un peu parfois. Cette année, il m'a battu. Comme l'an passé. Comme en karting. Il est plus rapide. Et quand on n'en peu plus de nos manettes, on se visionne le film "Le Mans" justement, avec Steve Mc Queen. On s'est offert les mêmes lunettes solaires que Steve, des Persol à la ligne un peu rétro dans notre "ottica" préférée à deux pas du plus beau Lac du Monde. Parfois nous partons à l'attaque des serpentins du Lac sur la Harley Fat Bob noire. Et souvent très tard, grappa à la main, nous terminons la nuit en discutant sans fin de la prochaine saison de Formule 1. Histoire de famille, mon père voulait être batteur mais avait commencé la guitare. Puis abandonné. C'est sur cette guitare que j'ai écrit ma plus belle chanson "Irons-nous voir Ostende ? " où il est question "d'avaler l'E40".
samedi 31 décembre 2011
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